On a beau connaitre bien autrui, le véritable exploit serait de se connaitre soi même. Vous m'excuserez si mes explications ne sont pas très cohérentes, mais comme qui dirait Einstein, "L'incohérence est le trait des grands esprits" (ahem, passons...).
Voilà, je viens d'Ijevsk, une toute PETITE ville de 800 000 habitants de la République Démocratique d'Oudmourtie (elle même attachée à la Fédération de Russie), une ville spécialisée dans la métallurgie et l'armement - d'ailleurs, Kalashnikov vient lui même de là bas.
J'ai donc la chance d'avoir une double culture et d'être bilingue, et parfois, j'ai l'impression que mon raisonnemment en est affecté. C'est à dire que j'ai des tendances patriotes envers la Russie... Nous avons quand même le meilleur armement du monde (ou pas...) ! De ce fait, je ne supporte pas très bien la "culture" américaine, ou plutôt, ce que j'appellerais "l'adminstration Bush"

Je suis en France depuis bientôt 9 ans, mais je reste toujours très nostalgique de mes origines et de ma famille que j'ai laissé là bas ; j'y retourne de temps en temps, et ça me fait un bien fou.
Il n'y'a pas très longtemps, j'ai réussi à assumer tout le tribut familial, parce que, croyez moi, quand on passe son temps a entendre dire que les communistes étaient les méchants, on est pas très fier d'avoir un grand père héros de l'Armée Rouge

Enfin, bref, d'après ce que j'ai vu, la plupart des russes réfuseraient le communisme si celui-ci ressurgissait à nouveau.
Je pense que l'atmosphère martiale dans laquelle j'ai vécu - l'architucture stalinienne, voilà quoi ... M'a prédisposé à aimer tout ce qui rapportait au militarisme (d'ailleurs, l'homme de ma vie est réserviste dans la Marine Nationale, on ne se corrige pas

).
Oui donc, à partir de mes 13 ans, je suis tombée amoureuse de l'uniforme :drunken:Et je suis devenue "goth". Mais, ça c'était y'a quatre ans en arrière...
Depuis mes treize ans, alors que j'étais en pleine "crise d'ado", un truc me pourrit sérieusement la vie : la peur des gens. Ou de la foule, c'est pareil. Je déteste ça, c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'en empêcher, les gens me donnent envie de vomir. Cela fait quatre ans que je prends des anxiolytiques (ma mère est psychothérapeute), mais j'ai fini par arrêter, parce que ça servait à rien. Je ne supporte que très difficillement les rassemblements de plus de trente personnes (dans ma classe, nous sommes vingt, ça me facilite beaucoup les choses...). Je ne peux pas aller au cinéma un samedi soir, a part à la séance de 22h, je ne peux pas monter dans un bus bondé, je ne peux pas aller en ville faire les magazins un mercredi après midi, et surtout, je ne peux pas traverser les couloirs de mon lycée remplis d'élèves, caquetants, transpirants, ils me rendent malade

Ma dernière crise d'angoisse remonte à hier 14h, j'avais eu la mauvaise idée de me pointer un peu en avance et discuter avec des amis de ma classe (d'habitude, j'arrive à la deuxième sonnerie, quand les couloirs sont un peu plus aérés), je n'avais pas prévu que le couloir (qui fait trois mètres de large

) se remplisse tout à coup de plus de deux cent personnes ... J'ai du me mettre en boule, jusqu'a ce que des personnes de ma classe s'accroupissent devant moi pour me demander ce qui n'allait pas, et là, j'ai vraiment pêté un câble. Heureusement que ma meilleure amie a eu le reflexe de me saisir et de m'amener dans un endroit désert pour que je calme.
Normalement, ce genre de choses ne m'arrive que quand je suis chez moi, l'angoisse passe facilement, car je peux mettre en application quelques techniques : visualiser un panneau stop, fumer, ou encore parler avec ma mère, qui est qualifiée pour mon cas. Mais en cours, c'est bien plus difficile, je suis obligée de faire avec ...
Je n'écris pas ces choses pour me lamenter sur mon sort, la pitié, ça me dégoute aussi

Je veux juste vous faire comprendre qu'en tant que "misanthrope phobique", j'aborde les choses sous un angle qui n'est pas toujours "politiquement correct"... Ma vision des choses, de l'Humanité, est faussée par mon angoisse, je pense que tout irait mieux si la plupart des individus crevaient. Quand une manifestation passe sous mon balcon (j'habite un appartement sur un grand boulevard), je sors sur le balcon, et je regarde passer les gens, fascinée, et après, je pleure de honte, je pleure parce que je suis incapable d'être parmi eux, que je suis condamnée a être sur la touche.
Mais bizarremment, je n'ai pas peur des enfants, d'ailleurs, en été, je travaille dans les centres aérés, et ça se passe très bien, les petiots, c'est génial, ils ne sont pas encore pourris ... (quoique, j'en ai vu, ils pourraient faire peur à un caid).
J'ai l'impression que je suis incompatible avec ce qui m'entoure, tant qu'incosciemment, à cause de mon agorophobie, tant consciemment, parce que je me rends compte que je suis en plein dans cette pourriture, parce que je consomme, parce que je vis, mais parce que je suis incapable de comprendre pourquoi ...
Voilà, je clos cette grande paranthèse d'interrogations métaphysiques sur la constation suivante

: les gens ne comprenent pas comment on peut vivre ainsi que je le fais, mais je pense que je n'ai pas envie de changer, comme qui dirait Nietzsche, on s'adapte très bien aux pires situations ...
Et oui, ma vie est horrible, je suis vraiment trop malheureuse, je ne suis qu'une pauvre gamine nevrosée à cause de la société de consommation dans laquelle elle vit.
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I'm gonna have some fun tonight with an AK-47.