matti Elfe

 Nombre de messages: 111 Age: 31 Localisation: paris Date d'inscription: 30/05/2006
 | Sujet: cedric et la montagne Mer 6 Juin - 20:29 | |
| une mini histoire de sur mon blog... C’était au début du printemps que Cédric est parti à la montagne. Il avait attendu, repoussé longtemps, maints printemps l’avaient vu rester, et ce matin-là il conclut que c’était le moment de partir. Il ferma la porte de sa maison et disparut le long du chemin. Quatre années passèrent, et un matin voilà que Cédric revenait sur ses pas. Quelques voisins occupés dehors le virent, le suivirent du regard sans lui adresser de salutations, surpris qu’ils étaient par cette apparition. Il remonta le chemin de sa maison, monta l’escalier, entra chez lui et referma la porte. Voilà qui est assez étrange, la conclusion tacite planait sur le voisinage.
Cédric se tenait dans l’entrée. Rien n’avait changé depuis son départ, seule la poussière s’était invitée pour recouvrir d’une épaisse couche les sols et les meubles. Cédric alla au salon, enleva la couverture du fauteuil, la laissant tomber par terre, et se posa sur le vieux cuir. Il appuya la nuque contre l’ample dossier et ferma les yeux un instant. Il soupira, se leva et, après avoir remis la couverture poussiéreuse sur le fauteuil, il ressortit de la maison sans jeter un regard. Il ferma la porte à clef et s’engagea sur le chemin, lorsqu’une voix connue l’interpella. « Hé ben bonjour, Monsieur Cédric ! » - fit cordialement Madame Finacci, penchée sur son potager, cherchant méthodiquement à enlever toute mauvaise herbe pouvant prétendre à l'eau destinée aux seules tomates.
« Bonjour, Madame Finacci. Comment allez-vous ? » « Bien… Bien. Alors, vous êtes revenu… On se demandait bien où vous étiez passé depuis le temps. Les voisins pensaient que vous ne reviendriez pas. Vous savez, j’ai toujours gardé un œil sur votre maison, on ne sait jamais. » « Merci, Madame Finacci, c’est bien aimable à vous. » - Cédric avait perdu l’habitude d’affronter de tels torrents de paroles, il avait écouté moins de la moitié des mots. « Alors, où étiez-vous ?! » - Madame Finacci aurait été fière d’être la première à éclaircir le mystère lequel avait tant fait parler le voisinage, et le ton insistant et solennel de sa question laissait clairement paraître cette hâte. « Oh, à la montagne… J’étais à la montagne. J’avais des choses à y faire, à vrai dire j’y retourne, je me rends compte que je n’ai pas tout à fait fini ce que j’avais à y faire. A tantôt, Madame Finacci.»
Il descendit le chemin, laissant Madame Finacci penchée sur ses tomates, le cou tendu vers l’avant, abasourdie par tant de détachement. « A la montagne ? A la montagne ? Qui peut bien passer quatre années à la montagne ? Sottises ! Sornettes ! Ou ce pauvre Cédric est vraiment devenu fou ! » - pensa-t-elle se hâtant vers son combiné. « Allô, Madame Gouvin ! Vous n’allez pas me croire… » Cédric marchait vers la montagne. Le bourg n’était plus que silhouette d’arrière décor, et les senteurs et les bruits avaient déjà remplacé les quelques pensées induites par son brin de conversation. L’aigle planait sur la vallée cachée entre les sommets, guettant son retour. Cédric leva les bras au ciel, s'étira de toutes ses forces puis fit un salto en avant et reprit sa marche, songeant qu'ils se transformait en oiseau et qu'il s'envolait vers la sérénité des hauteurs. _________________ j'aimerais avoir un dirigeable...
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