Lidje Lutin noir

 Nombre de messages: 274 Age: 19 Localisation: Koblenz (Allemagne) Date d'inscription: 22/11/2008
 | Sujet: Tobie des marais de Sylvie Germain Mar 15 Sep - 13:40 | |
|  Je considère ce roman comme ma bible tellement il m'a émue. L'histoire : On suit Tobie de ses 5ans, marqués par la mort accidentelle de sa mère jusqu'à l'âge adulte. Tobie est entouré de sa famille, des personnages tentant de surmonter divers deuils.
Petite précision sur l'inspiration de Sylvie Germain: elle s'est librement inspiré du récit biblique Le livre de Tobie. On en retrouve des extraits à chaque début de chapitre. Exemple: Déborah:
"Tu sondes mon coeur, tu me visites la nuit, Tu m'éprouves sans rien trouver, aucun murmure en moi: ma bouche n'a pas péché à la façon des hommes..." Psaume, XVIII, 3
Les personnages :
Valentine, sa tante devenue muette et emmurée dans la folie depuis la mort d'Anna (sa sœur).
Arthur le mari de Valentine, un homme brutal aussi bien verbalement que physiquement qui perd lui aussi la raison en voyant sa femme devenir folle...
Déborah, la grand-mère de Tobie, une femme superstitieuse, amoureuse de la vie et qui pratique d'étonnantes cérémonies.
Théodore, le père de Tobie, il se perd avec la mort d'Anna, cette femme qu'il a tant aimé et qui lui a été si brusquement arrachée... Un homme totalement en exil, qui ne sait comment se débarrasser de ses larmes et qui va tenter coute que coute de retrouver le fragment manquant du corps mort de sa femme.
Raphaël, est-il ange ou humain? La question se pose de l'arrivée de ce personnage à la fin du livre.
Sarra, cette jeune femme cache un lourd secret, tellement lourd qu'il lui empoisonne la vie et qu'elle tentera elle aussi de s'emmurer.
Extraits:
Page 233:
"La nuit s'épand au dessus des marais couleur d'onyx. Le paon est mort mais son appel âpre et plaintif fêle encore par instants le silence nocturne. Il en est des voix des êtres et des bêtes que l'on a aimé ainsi que des odeurs: elles se prolongent par delà la disparition des corps qui les proféraient les exhalaient."
Page 20:
" Il ne prenait garde ni aux ronces ni aux fils barbelés qui déchiraient sa veste et lui griffaient les mains. Et il criait: - Anna ! Anna ! Il appelait sa femme, il l'appelait à la folie, - à la folie vraiment puisqu'elle venait de mourir et que son corps gisait là-bas, à la maison."
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